...

Ó Jean Hervé Daude

...

Au Pérou et à l'Île de Pâques, des objets massifs auraient été déplacés en les faisant rouler sur des pierres rondes.

...

N. B. Les analyses et les photographies présentées dans cette section sont sous droits d'auteur et proviennent des livres publiés par Jean Hervé Daude.

...

Des archéologues péruviens considèrent que des pierres rondes auraient servi au transport de lourdes charges dans certaines situations particulières.

......

...

..

..

..

.

Déplacer de lourdes charges à l'aide de pierres sphériques est une méthode tout particulièrement efficace. Il s'agit en effet d'un principe de roulement ne demandant que peu de ressources, tout au plus quelques pierres arrondies de manière naturelle par le mouvement incessant des vagues ou le courant d'une rivière. Ces pierres rondes étaient par ailleurs réutilisables au besoin.

.

Nous avons d'ailleurs effectué différents essais sommaires qui nous ont permis de constater l'efficacité de cette méthode.

.

.

......+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

....

À l'Île de Pâques

.

.

À l'Île de Pâques on retrouve de nombreuses pierres rondes, entre autres, le long des chemins ayant servi au transport des grandes statues de pierre.

.

Photo de Te Pito

.

.

Une énorme pierre ronde en particulier est même honoré et selon les insulaires elle serait doté d'un pouvoir spécial. 

.

.

.

.

.

Dans ce contexte, il est particulièrement intéressant d'apprendre ce qui suit: 

.

Une méthode de transport correspondant aux informations transmises par la tradition orale

La tradition orale contient des informations très diverses. Quelquefois elle rapporte des événements ou des façons de procéder de manière complètement rocambolesque, comme la bribe de tradition orale concernant les « moai qui marchaient ». La plupart du temps cependant les informations sont précises, cohérentes et surtout très logiques.

En 1880, Geiseler, a recueilli des informations à l’effet que les moai auraient été descendus des flancs du Rano Raraku en les laissant glisser sur des pierres cylindriques et des pierres rondes. Pour éviter qu’ils ne descendent trop vite ils étaient attachés avec des cordes et les Pascuans retenaient le moai. Les cordes servaient aussi à guider le moai dans la bonne direction.  Cette manière de faire est cohérente et surtout très logique.

Une fois le moai rendu à la base du Rano Raraku, pour aller l’ériger sur le ahu de la famille ou du clan qui l’avait commandé, il fallait le déplacer sur une distance plus ou moins grande.

Cette étape intrigua aussi Geiseler qui considèra alors que :

« Amener les idoles (moai) sur la plaine et sur les plates-formes a dû se faire de la même manière, par le même procédé, et le transport sur la plaine, en terrain plat, n’a peut-être pas été d’une difficulté impossible en utilisant des pierres rondes et cylindriques placées en dessous et tiré par un grand nombre d’hommes par des cordes attachées autour de la tête de l'idole. ».[1]

Bien des années plus tard, Métraux apprit de la part de Pascuans âgés que pour déplacer les moai, leurs ancêtres faisaient usage de  :

« (…) leviers de bois, de patates écrasées et de pierres rondes qui facilitaient le glissement des lourdes masses. ».[2]

Une information très semblable a été recueillie, à plusieurs milliers de kilomètres de l’Île de Pâques. En effet, Monseigneur Jaussen, évêque à Tahiti, a recueilli, de la part de Pascuans réfugiés à cet endroit, des informations concernant le déplacement des moai :

« On plaçait, selon Hauonouo-kou, des cailloux bien ronds, sous le moai, on poussait, on tirait, et il roulait ainsi peu à peu jusqu’à destination. ».[3]

Ainsi, selon ces informations recueillies auprès de différents Pascuans, à des époques bien différentes, des pierres rondes étaient systématiquement utilisées pour transporter les moai. Il a même été spécifiquement mentionné que ces pierres étaient placées sous le moai et qu’ensuite tous les participants à cette opération tiraient et poussaient de concert pour le faire glisser jusqu’à sa destination. 

Il est particulièrement intéressant de mettre ces informations en relation avec celle recueillie par Brown concernant le déplacement des moai, à l’effet que :

« (…) des galets provenant de la plage étaient généralement utilisés pour en faciliter le transport (…). ».[4]

Pour Brown, le fait que les Pascuans auraient utilisé des pierres provenant de la plage ou des rivages ne faisait cependant qu’accentuer le mystère, car il ne comprenait pas comment ces pierres pouvaient apporter une solution valable à l’énigme du transport des moai.

Pour quelles raisons les Pascuans auraient-ils utilisés des pierres polies provenant spécifiquement de la plage pour faciliter le transport des moai ?  L’explication réside fort probablement dans le fait que les pierres de plage de l’Île de Pâques sont, comme toutes les autres pierres trouvées sur des plages à travers le monde, de forme plus ou moins arrondie. La force de l’eau se manifestant en des mouvements de va et vient continuels façonne les pierres en leur donnant une forme de plus en plus sphérique. La particularité de ces pierres de plage aurait pu être très utile pour faire rouler les moai, et, élément fort intéressant, il n’aurait pas été nécessaire de  prendre le temps de les façonner, puisque la nature s’en était déjà chargée.

Notons aussi que de telles pierres étaient déjà ramassées en grande quantité par les Pascuans puisque les terrasses pavées devant les huttes et les allées cérémonielles devant les ahu étaient constituées avec de telles pierres. Ils suffisaient donc aux Pascuans, lorsqu’ils ramassaient ces pierres, de sélectionner celles qui convenaient le mieux en terme de résistance, de grosseur, et de forme pour être utilisées pour le transport des moai.

.

Extrait de : ÎLE DE PÂQUES - Le transport et l'édification des moai, JHD, 2013, pp. 124-127.

..

.

Compte tenu que cette méthode est très simple, qu'elle est facile à mettre en application, et que de plus les Incas qui seraient arrivés sur l'Île savaient parfaitement comment l'utiliser, il est raisonnable de penser que les Pascuans avaient le savoir-faire nécessaire pour la mettre en oeuvre. De surcroît, cette méthode prend pleinement en compte les seules et uniques informations rationnelles concernant le déplacement des moai transmises par la tradition orale pascuane.

.

.

Nous soulignons que l'Île de Pâques est le seul endroit en Polynésie où il est rapporté que des pierres rondes auraient été utilisées pour déplacer de lourdes charges, une technique correspondant d'ailleurs à une de celles qui aurait été spécifiquement employée au Pérou.

.

..

.......