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"Les moai marchaient"

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 Un essai spectaculaire... mais sans aucun fondement valable ! 

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COMMENTAIRES ACCOMPAGNÉS DE PLUSIEURS EXTRAITS DU LIVRE :

ÎLE DE PÂQUES

Le transport et l'édification des moai

2013

Ó Jean Hervé Daude

 

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Selon une expérience récente, deux chercheurs auraient fait "marcher" une copie en béton d'un moai de l'Île de Pâques. En effet, selon ces deux chercheurs, les moai auraient "marché" à la surface de l'Île pour se rendre de la carrière où ils étaient sculptés jusqu'aux plates-formes où ils étaient érigés. Dans les faits, les moai auraient été déplacés à la verticale par les Pascuans, uniquement à l'aide de cordages, en les faisant pivoter d'un côté à l'autre.

Cette expérience réalisée avec une reproduction en béton d'un moai reprenait dans les grandes lignes la méthode utilisée lors d'un essai effectué par Heyerdahl et Pavel-Pavel bien des années auparavant.

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Il est particulièrement intéressant de se poser la question :  cette méthode de déplacement est-elle possible ?

Compte tenu des essais qui ont été réalisés :  cette méthode semble effectivement pouvoir fonctionner avec des moai de dimensions très modestes. Elle est cependant extrêmement risquée, le moai pouvant subir des bris importants et même risquer une chute fatale. 

 Cependant, ce qui est particulièrement étonnant, c'est que si nous analysons en détail les arguments sur lesquels se basent les auteurs de cet essai, ils ne tiennent tout simplement pas la route, car ils n'ont aucun fondement valable... d'aucune sorte.

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La question du transport des moai vaut largement la peine que l'on s'y intéresse, car contrairement à ce que certains affirment à l'effet que cette connaissance ne serait d'aucune utilité, cet aspect de la culture des anciens Pascuans peut nous apprendre beaucoup de choses sur eux.

Comme le soulignait si bien Alfred Métraux : si les anciens Pascuans avaient des cordages à leur disposition, ils n'avaient plus qu'à s'atteler à la tâche et avec un nombre suffisant de personnes le moai aurait pu être traîné pour se rendre à destination.

Si effectivement il suffit d'avoir à sa disposition un nombre suffisant de personnes pour déplacer des moai, il est particulièrement intéressant de vérifier la méthode qui aurait été utilisée pour le faire. En effet, moins une méthode nécessite de bras pour déplacer une lourde charge, et plus elle est efficace, cela nous permettrait donc de jauger de l'ingéniosité des Pascuans et de leur niveau technique.  

 

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Voici quelques arguments qui ont été utilisés pour affirmer que les Pascuans auraient déplacé les moai à la verticale.

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Affirmation : La tradition orale mentionne que "les moai marchaient"

Réponse :  Il s'agit là d'une expression dont on a complètement éliminé tout le contexte, les auteurs de cet essai n'ayant tout simplement pas tenu compte des autres éléments contenus dans cette bribe de tradition orale.  Aussi, les auteurs n'ont pas non plus tenu compte d'autres bribes de la tradition orale concernant le transport des moai, lesquelles étaient très logiques et rationnelles. Ce sont d'ailleurs ces dernières qui vont nous permettre de connaître la véritable manière dont les moai ont été transportés. 

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Affirmation :  Cette méthode pour déplacer les moai , qui est hautement risquée, serait la seule qui permettrait d'expliquer la présence d'un certain nombre de moai gisant au sol le long des chemins de transport de l'Île. 

Réponse :  Ces moai gisant au sol ne seraient pas des moai abandonnés durant leur transport mais serait là pour une toute autre raison. Dès le début des années 1900, Routledge qui a investigué sur l'Île de Pâques durant plus d'un an, a suggéré sur la base d'observations précises une explication logique à la présence de ces moai le long de ces chemins.

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Affirmation :  Routledge était, elle aussi, absolument convaincue que les moai gisant au sol le long des chemins de transport de l'Île étaient des moai abandonnés durant leur transport.

Réponse :  Cette affirmation est complètement erronée puisque cette exploratrice en est arrivée à la conclusion qu'en aucun cas, parmi les moai gisant à terre le long des chemins, elle n'a pu voir de moai dont elle aurait pu affirmer qu'il aurait été abandonné durant leur transport.

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Pour visualiser la PREMIÈRE PARTIE DE CE LIVRE

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Les moai étaient des oeuvres précieuses. La fabrication d'un moai, auprès de sculpteurs professionnels, nécessitait en effet un important investissement en nourriture de la part du clan ou la famille qui en avaient passé la commande. Les Pascuans en prenaient donc grand soin.

 

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Affirmation :  Les orbites des moai n'étaient taillées que lorsqu'ils arrivaient à destination. Étant donné qu'aucun des moai gisant à terre le long des chemins n'avait les orbites sculptées, c'est donc qu'il s'agissait de moai en cours de transport.

Réponse :  Cette affirmation est fausse, car selon la tradition orale les orbites étaient sculptées à la carrière juste avant que le moai ne soit transporté.  Étant donné qu'aucun des moai gisant à terre n'a été trouvé avec les orbites sculptées, c'est donc que, tout au contraire, il ne s'agissait pas de moai en cours de transport.

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Pour visualiser la DEUXIÈME PARTIE DE CE LIVRE

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En conclusion, cette méthode de déplacement des moai à la verticale à l'aide uniquement de cordages, bien que sensationnelle, ne correspond absolument pas aux diverses observations sur le terrain effectuées par les premiers explorateurs de l'Île de Pâques. Elle ne correspond pas non plus aux différentes informations rapportées par la tradition orale, ni aux motivations profondes des Pascuans qui faisaient réaliser des moai

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Alors, comment étaient déplacés les moai à la surface de l'Île ?

Nous proposons dans cette nouvelle étude une méthode simple, très sécuritaire et particulièrement efficace pour déplacer les moai à la surface de l'Île. Il s'agit même, selon nous, de la méthode la plus simple, la plus sécuritaire et la surtout la plus efficace qui ait été proposée jusque maintenant. De plus cette méthode prend en compte l'ensemble des informations rapportées par la tradition orale pascuane et va dans le même sens que celle-ci.

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Pour visualiser la. TROISIÈME PARTIE DE CE LIVRE

 

 

 

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