..

Ó Jean Hervé Daude

.

Pour quelles raisons historiques la thèse d'une influence sud-américaine à l'Île de Pâques fut-elle qualifiée d'inutile ?

.

N. B. Les analyses et les photographies présentées dans cette section sont sous droits d'auteur et proviennent des livres publiés par Jean Hervé Daude.

...

Certains auteurs d'aujourd'hui, croyant que les Pascuans seraient uniquement des Polynésiens ont employé l'expression de : "balayer l'inutile hypothèse du peuplement américain". (Les enfants de Tangaroa)

Cette idée de considérer inutile l'exploration d'une influence sud-américaine à l'Île de Pâques ne date cependant pas d'hier...

Ainsi, certains auteurs mentionnent que parmi les premiers chercheurs s'étant penchés sur l'origine des Pascuans, Katherine Routledge, n'aurait pas eu d'idées préconçues sur l'origine des habitants de l'Île de Pâques, et qu'après une pleine et valable évaluation de la situation, elle aurait, comme d'autres chercheurs, avant et après elle, conclue que les Pascuans seraient venus de Polynésie, et non pas de l'Amérique du sud.

Or, ce fut loin d'être le cas, Routledge n'a en aucun cas effectuée de comparaison entre les monuments de l'Île de Pâques et ceux de l'Amérique du Sud, non plus qu'entre les autres éléments culturels, dont les traditions orales. Si Routledge, n'avait effectivement pas d'idée préconçue sur l'origine océanienne des Pascuans, elle a cependant rejetée d'emblée la piste potentielle d'une origine sud-américaine de ceux-ci, pour ce qu'elle a qualifié de " raisons pratiques ". Les fameuses raisons pratiques étant dans les faits la méconnaissance qui sévissait à son époque de la capacité de navigation des Sud-américains. 

Or, pour qui s'informait suffisamment, il était loisible de vérifier que les Sud-américains avaient effectivement la capacité d'entreprendre des voyages dans le Pacifique. Routledge était tellement convaincu de l'impossibilité des Sud-américains à entreprendre des voyages en haute mer qu'elle alla jusqu'à affirmer que si une influence avait pu avoir eu lieu, cela aurait été dans la direction inverse, à savoir de la Polynésie orientale vers le continent. Routledge a donc rejeté d'emblée une piste potentielle qui aurait pu s'avérait fructueuse. En ce sens, elle avait effectivement une idée préconçue...

Pourtant, en 1917 lors d'une réunion à la Royal Geographical Society, les personnes présentes avaient effectivement reconnu la ressemblance qualifié par eux "d'indéniable" de certains monuments pascuans avec ceux d'Amérique du Sud, cela n'a pas empêché pour autant les membres de l'assemblée de décider que l'influence de l'Amérique du Sud devait être exclue.

 

Extrait de : ÎLE DE PÂQUES - L'empreinte des Incas, JHD, 2013, p. 129.

.

.

.

Fait à noter, très curieusement, les membres de cette assemblée, bien qu'ayant déterminé à l'unanimité qu'il ne pouvait pas y avoir eu d'influence sud-américaine à l'Île de Pâques, ont quand même, par la même occasion, affirmés que les habitants présents lors de la découverte de l'Île ne pouvaient pas être les constructeurs des grands monuments de pierre...

..

.

 

Ce tableau récapitulatif, permettant de comparer la présence, ou l'absence, dans le reste de la Polynésie, ainsi qu'au Pérou et dans les Andes en général, des principaux éléments culturels caractéristiques de l'Île de Pâques, peut nous éclairer à ce propos.

 

.

..

Devant un tel tableau, comment croire un seul instant que tout ce qui a été réalisé sur l'Île de Pâques est d'origine uniquement polynésienne ?

..

.....