Ó Jean Hervé Daude

 

Moaï Pa'apa'a

 

 

 

On retrouve le nom générique de ce genre de statuettes écrit de différentes manières :  moaï papa'a, pa'a pa'a, papa, ou encore pa'apa'a. Nous utiliserons pa'apa'a car il s'agit du terme qu'utilisait le Père Englert, qui, comme on le sait, s'est beaucoup intéressé à la langue pascuane et à sa grammaire. Le moaï pa'apa'a est une statuette au corps plat, aux épaules larges et aux jambes courtes. Sa tête est haute et imposante. Souvent une main est posée sous un sein et l'autre repose sur l'aine, les doigts en direction du sexe.

Ces statuettes sont le plus souvent féminines, bien que l'on en retrouve certaines qui sont hermaphrodites.

Deux gros sourcils en bourrelets surplombent le regard ouvert. Les yeux sont constitués d'os et d'obsidienne. Notons que tout comme les grands moaï de pierre; le nez est long et droit, la bouche est relativement large et affiche parfois la même moue dédaigneuse, le menton est prononcé et les lobes d'oreilles sont étirés par le port de pendentifs.

Les seins de cette statuette sont petits et de forme triangulaire. Son ombilic et son sexe sont bien dessiné à l'aide de simples tracés. Tout comme les grands moaï de pierre, ses doigts sont aussi longs et fins et le pouce effectue une courbe vers l'extérieure.

On retrouve aussi un motif circulaire au bas du dos de cette statuette tout comme les grands moaï de pierre. Notons cependant que les moaï de pierre avaient parfois ce dessin circulaire beaucoup plus haut dans le dos. Ainsi la statue du British Museum, qui était à l'origine dans une des maisons d'Orongo, a ce même motif dessiné dans le dos à une hauteur presque équivalente à celle du sternum.

La décoration du crâne est souvent stylisée. S'agit-il d'une coiffure ? Si tel est le cas, celle-ci est très élaborée, peut-être même beaucoup trop pour ce à quoi l'on pourrait s'attendre en rapport avec le  mode de vie si  rudimentaire des insulaires.

Quelques-unes de ces statuettes moaï pa'apa'a ont été retrouvées abîmées par des perforations et des brûlures qui pourraient être d'origine rituelle.

Il s'agit certainement du modèle de statuettes en bois qui a le plus d'affinités avec les grands moaï de pierre. Sa fonction dans la culture pascuane reste cependant encore mystérieuse.

 

 

À suivre ...