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Les moai de l'Île de Pâques situés au pied du volcan Rano Raraku ont un corps !

 

Cette affirmation, qui est en train de faire le tour du monde, est considérée comme une "Nouvelle" concernant l'Île de Pâques. En effet, grâce à la merveilleuse technique du "copier-coller" différents sites Internet reprennent cette information sans la moindre analyse ou simple vérification.

Quand est-il réellement ?   S'agit-il vraiment d'une " Nouvelle " ?

Ó Jean Hervé Daude

 

 

Des moai érigés sur le pourtour de l'Île.

L’Île de Pâques, au moment de sa découverte,  était d’autant plus fascinante que, disséminées sur presque tout son pourtour étaient dressées des statues monumentales faisant dos à la mer. Ces grandes statues, appelées moai, lui ont depuis lors assuré une réputation mondiale.

Au cours des ans, plus de huit cents moai furent répertoriés, dont un grand nombre avait été transportés de leur lieu de fabrication vers les rivages de l’Île, où ils ont été érigés sur des plates-formes, appelées ahu.

Cependant, peu après l’arrivée des premiers explorateurs occidentaux, les moai furent retrouvés gisant par terre et certains ahu furent en partie détruits, de sorte qu’à terme il n’y eut plus aucun moai érigé sur un ahu.

  

 

Plusieurs photos de Bernard Philippe

De nos jours presque tous les moai gisent encore à terre, mis à part quelques rares exceptions qui furent remis en place par des archéologues en expédition sur l’Île. (Extrait du livre :  Île de Pâques - Guerre de clans et chute des moai (JHD, Laval, Québec, 2008))

  

 

 

La carrière des moai.

Nous savons que la plupart des grandes statues de l’Île proviennent d’un unique atelier situé dans le cratère d’un ancien volcan, le Rano Raraku. Les moai étaient sculptés à même les parois intérieure et extérieure du cratère et de là, étaient transportés jusqu’aux différents ahu situés sur le bord du rivage. La carrière, désertée depuis longtemps, dégage cependant l’impression d’être toujours en activité; les moai les plus divers gisent pêle-mêle, dans tous les stades de la fabrication, les uns à peine équarris, d’autres ébauchés, plusieurs d’entre eux presque terminés et n’attendant que d’être transportés. (Extrait du livre :  Île de Pâques - La disparition de sa forêt (JHD, Laval, Québec, 2012)).

 

 

Des moai enfouis dans différentes positions.

Plusieurs des monumentales statues sont partiellement enfouies au pied de ce volcan. Si dans certains cas le haut du corps est parfaitement visible, dans d'autres cas, il est à demi enfoui et seule la tête dépasse du sol, et parfois la tête est même presque complètement enterrée. 

Ces moai ne sont donc pas enfouis à la même profondeur, mais au contraire, ils sont enfouis à des profondeurs bien différentes, certains l'étant à peine, alors que d'autres, le sont presque totalement.  Aussi, quelques-unes de ces statues sont très inclinées, certaines vers l'arrière, d'autres vers l'avant. Ces différentes hauteurs d'enfouissement rendent parfaitement visible pour quiconque regarde cette scène, que ces moai ne sont pas uniquement des têtes déposées à même le sol, mais qu'il s'agit bel et bien des même moai que ceux qui ont été sculptés dans la carrière.

 

 

 

 

Non seulement il est bien évident que ces moai ont un corps qui est plus ou moins enfoui, mais de plus, les premières fouilles ayant permis de dégager entièrement le corps d'un moai, date du début des années 1900...

 

 

Photo d'un moai excavé prise lors de l'expédition de K. Routledge en 1914.

 

Par la suite, le même exercice fut effectué par Thor Heyerdahl en 1955.

 

C'est donc avec raison que l'on peut se demander ce qu'il y a de nouveau...  dans cette "Nouvelle" ?

 

J H Daude

 

 

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