Les critiques de Métraux concernant la thèse mélanésienne

 

 

 

Des rapprochements ont été fait entre la tradition des "longues oreilles" des Pascuans, les pukao des moaï et des éléments de la culture mélanésienne

 

Effigie de bois mélanésienne

 

 

 

Un des éléments particulièrement intriguant de la culture pascuane concerne leur tradition de s'étirer les lobes de l'oreille. Non seulement certains anciens Pascuans avaient des "longues oreilles", c'est-à-dire des lobes d'oreilles étirés, comme le relate la plupart des premiers explorateurs de l'Île, mais les grands moaï de pierre, ont aussi pour la plupart des "longues oreilles", ainsi qu'une bonne partie des statuettes de bois sculptées par les Pascuans.

 

 

Cette tradition n'était pas présente en Polynésie. Des rapprochements ont été suggéré avec le port de pendentifs aux îles Marquises, mais ce rapprochement n'est que superficiel car la méthode employée par les marquisiens n'avait pas pour objectif d'agrandir le lobe des oreilles. Lavachery mentionnait d'ailleurs que :

 

 

 

 

 

Comme cette tradition n'était pas présente en Polynésie, les partisans d'une colonisation unique de l'Île de Pâques se sont tournés vers une région encore plus éloignée de l'Île de Pâques; la Mélanésie (groupe d'île située au large de l'Australie). Le pukao, ou couvre-chef des grands moaï de pierre aurait aussi, d'après eux,  la même origine.

 

 

Alfred Métraux trouvait cependant que ces rapports effectués entre la culture pascuane et la culture mélanésienne était loufoque. En effet  :

 

 

Métraux conclu que ces parallèles sont des ressemblances superficielles de quelques traits choisis au hasard dans une zone reconnue pour la variété de ses cultures locales. Il considère qu'il n'y a rien de fondamentalement important de partagé entre l'Île de Pâques et les cultures mélanésiennes, que les analogies qui sont soulignées sont indirectes et fondées sur des hypothèses plus ou moins crédibles.

Métraux, considère de plus, que si la Mélanésie avait été le centre d'une culture supérieure à celle de la Polynésie, on pourrait supposer que l'excellence de la culture de l'Île de Pâques serait due à des influences mélanésiennes. Or, d'après lui, rien dans la culture mélanésienne ne démontre pourquoi elle aurait été supérieure à celle existante en Polynésie en générale et surtout à celle de l'Île de Pâques.

Métraux, Alfred. Ethnology of Easter Island.

 

 

Malgré ces critiques, ces rapprochements culturels sont encore largement utilisés aujourd'hui pour justifier l'origine océanienne  de la culture originale et énigmatique de l'Île de Pâques.