le Moai Kavakava

de

George Birnie

 

 

 

 

Acheté pour une bouchée de pain dans une petite vente aux enchères locale, parmi des articles de cuisine, ce moai Kavakava a été par la suite revendu pour la somme faramineuse de 180 000 Euro (environ 240 000$ US).

 

La rareté de ces statuettes antiques, rapportées par les premiers explorateurs et visiteurs de l'Île de Pâques, explique les prix élevés qu'elles atteignent lors de ventes aux enchères internationales.

 

 

 

 

 

 

Ce moai Kavakava, dont la gravure crânienne est très spéciale, nous a d'ailleurs servi pour illustrer notre thèse sur les Moko de l'île de Pâques.

Consulter la thèse Île de Pâques - Mystérieux Moko  

 

Voici l'histoire connue de ce moai Kavakava selon Christie's (Enchères du 11 juin 2007 à Paris) :

" L'actuel propriétaire l'a acquise au milieu d'un service de cuisine en 1996 lors d'une petite vente aux enchères en Irlande du Nord. Le commissaire priseur l'avait mal estimée ni identifiée correctement et aucune demande n'avait été formulée par ailleurs pour obtenir davantage de précision sur sa provenance. Avec l'aide de ce dernier, le nouveau propriétaire apprit qu'il provenait des familles Birnie et Hill, et qu'elle avait été mise en vente par l'aînée des petites filles de George Birnie-Hill. Elle était la dernière survivante de trois soeurs célibataires qui vivaient ensemble dans la maison de ce dernier avant d'aller s'installer en maison de retraite et qu'une partie du contenu ne soit disposé dans une maison de vente locale. Le "tewhatewha" Maori vendu sous le lot suivant possède la même provenance, et auquel était adjoints plusieurs documents relatifs à la carrière de Birnie à la Royal Navy.

George Birnie fut un membre fondateur du Belfast Natural, Historical and Philosophical Society crée en 1821 et constitua une importante collection d'objets ethnographiques durant les années 1930. Un voisin informa l'actuel propriétaire qu'il avait vu ses objets conservés dans le grenier avant que la maison ne soit vidée. L'Ulster Museum possède une proue de canoé Maori donnée en 1915 par un descendant de Birnie (voir Glover, W., Polynesia : The Polynesian Collection in The Ulster Museum Belfast, Belfast, p.ii, n.12).

La veuve de Birnie avait vécu dans la maison après la mort de son mari en 1845. Birnie s'engagea dans la Royal Navy en 1807 et de 1831 à 1837, fut chirurgien de bord de nombreux bâteaux transportant des bagnards vers l'Australie. Nous ne savons pas où et quand il fit l'acquisition de ses objets, mais il semble très probable que plusieurs objets du Pacifique furent rapportés d'un de ses nombreux voyages dans la région.

La statuette est vendue avec la plaque en laiton sur laquelle est inscrit : G. Birnie. Surgeon R.N. provenant de sa malle personnelle; la boîte qui contenait ses documents personnels et cinq documents originaux relatifs à ses commissions à bord des différents navires qui transportaient des esclaves et de ses voyages vers l'Australie 1835-1837.

La fonction des statuettes moai kavakava, littéralement, "personnage aux côtes apparentes", nous est inconnue. Il a été suggéré et ceci semble très probable, que leur silhouette émaciée représenterait l'incarnation de l'esprit des morts. Ils étaient certainement suspendus comme en atteste l'ergot percé derrière leur cou, et il apparaît moins probable qu'ils étaient portés en pendentif par d'importants dignitaires à l'occasion de certaines cérémonies comme il a pu être suggéré.

Au regard des nombreux moai kavakava connus, cet exemplaire se rapproche le plus de celui conservé aujourd'hui au National Museum of Ireland de Dublin, une des " deux idoles " présentées au musée par Arthur Hubbard en 1853 (Voir Heyerdahl, T., The Art of Easter Island, New York, 1975, pl. 27e). Une des différences les plus marquées entre cette statuette et celle de Dublin (et probablement tous les autres moai kavakava), est la présence de l'élément en éventail à la base de la colonne vertébrale qui paraît représenter une queue de poisson ou les plumes d'une queue d'oiseau. L'élément est présent sur la plupart des sculptures représentant des hommes lézards de l'île de Pâques et est également présent sur l'autre "idole", un homme lézard récupéré par Hubbard (Hooper, S., Pacific Encounters Art & Divinity in Polynesia, Norwich, 2006, p.146, fig.93), mais sa présence sur une statuette de moai kavakava paraît être unique.

Birnie a dû certainement connaître un autre membre de la Belfast Natural History and Philosophical Society, Gordon Thompson (1799-1886). Thompson donna son importante collection d'objets ethnographiques à la Société en 1843 qui se trouve aujourd'hui à l'Ulster Museum aux côtés de la proue de canoé Maori de Birnie. Le plus bel objet de la collection de Thompson représente une des trois seules statuettes en tapa de l'île de Pâques (Hooper, op.cit.p.144,fig.90). Bien que les deux hommes voyagèrent intensivement dans le Pacifique, nous ne savons pas si d'autres hommes visitèrent l'île de Pâques, ni où ils ont acquis ces objets dans l'île de Pâques.

 

The present owner of this figure acquired it amongst a box of kitchen utensils in 1996 at a small auction in Northern Ireland. The auctioneer had not considered the figure to be of any significance and had not identified it correctly and no inquiries had been made to obtain details of its provenance. With the auctioneer's help he learned that it had come from the home of the Birnie and Hill families, and had been consigned by the elderly grand-daughter of George Birnie-Hill. She was the last surviving of three spinster sisters living together in the house and on moving into a care home the contents had been disposed of and some consigned to a local auction. The Maori tewhatewha sold as the following lot in this sale was acquired from the same source along with a number of documents relating to Birnie's career in the Royal Navy.

George Birnie was a founder member of the Belfast Natural, Historical and Philosophical Society established in 1821 and himself formed a sizeable collection of ethnographic items during the 1830s. A neighbour in the same village informed the present owner that he had seen the ethnographic objects stored in the attic before the house was cleared. The Ulster Museum owns a Maori canoe prow given to them in 1915 by a descendent of Birnie (see Glover, W., Polynesia: The Polynesian Collection in The Ulster Museum Belfast, Belfast, p.ii, no.12).

Birnie's widow had lived in the house after her husband's death in 1845. Birnie joined the Royal Navy in 1807 and from 1831 to 1837 he served as surgeon on board several convict ships traveling to Australia. When and where he acquired the figure or any of the other items in his collection we do not know though it seems very likely some of his Pacific items would have been collected during his many Pacific voyages.

The figure is sold with the brass plaque inscribed : G. Birnie. Surgeon R.N. from his personal trunk; the case which contained his personal documents; and five original documents relating to his commissions aboard various slave ships and his travels to Australia 1835-1837.

The function of maoi kavakava figures, literally, "images with ribs", is not known. It has been suggested and seems very likely that their emaciated form is intended to represent the spirit of the dead. They were clearly intended to be hung as many retain the pierced lug at the back of the neck, though it is less certain that they were suspended around the neck of important men during certain ceremonies as has been suggested .

Of the many recorded moai kavakava, the present example is closest to the figure now in Dublin at the National Museum of Ireland , one of "two idols" presented to the museum by Arthur Hubbard in 1853 (See Heyerdahl, T., The Art of Easter Island, New York, 1975, Pl.27e). One of the most noticeable differences between the present figure and the Dublin figure (and indeed possibly all other moai kavakava figures is the presence of the fan shaped element at the base of the spine which seems to represent a fish tail or fanned bird's tail feathers. The element is present on most lizard men carvings from Easter Island and indeed is present on the other "idol", a lizard man collected by Hubbard (Hooper, S., Pacific Encounters Art & Divinity in Polynesia, Norwich, 2006, p.146, fig.93) but its presence on moai kavakava figures may be unique.

Birnie would certainly have known another member of the Belfast Natural History and Philosophical Society, Gordon Thompson (1799-1886). Thompson gave his important collection of ethnographic artefacts to the Society in 1843 and it is now in the Ulster Museum alongside Birnie's Maori canoe prow. The most celebrated item in Thompson's collection is one of only three extant tapa cloth figures from Easter Island (Hooper, op.cit. p.144, fig.90). Although both men travelled extensively in the Pacific we do not know whether either man visited Easter Island nor where they acquired their Easter Island artefacts. "