Ó Jean Hervé Daude

L'île du soleil

Les plafonds à encorbellement : une technique de construction utilisée à l'île du soleil, au lac Titicaca, de même qu'à Orongo, à l'Île de Pâques.

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N. B. Les analyses et les photographies présentées dans cette section sont sous droits d'auteur et proviennent des livres publiés par Jean Hervé Daude.

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À l'île du soleil les plafonds de certains bâtiments sont en pierre. Pour réaliser ces plafonds uniquement à l'aide de pierres brutes, les incas ont utilisés la technique d'encorbellement.

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Certaines pièces ne sont accessibles que par de très petites entrées, obligeant l'auteur à certaines contorsions pour aller examiner les plafonds à encorbellement.

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Les parois vont en se rétrécissant vers le haut. Pour compléter la structure, des dalles sont déposées à l'extrémité des parois afin de fermer le plafond. 

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.À l'Île de Pâques

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La technique d'encorbellement a été utilisée à l'île de Pâques pour réaliser le plafond des maisons de pierres du petit village d'Orongo où se déroulait le rite de l'Homme-oiseau.

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Le poids réparti sur l'ensemble de la structure fait en sorte que des dalles, qui normalement devrait basculer vers l'intérieur, restent bien en place.

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Les maisons de pierres d'Orongo sont faites de blocs volcaniques empilés. Malgré leur apparence simpliste et rustique, ces maisons sont construites selon un ingénieux système. En effet, leurs plafonds sont composés de grandes dalles de pierres plates disposées d'une manière bien particulière.

Analysant le mode de construction de ces maisons, Mulloy mentionne d'ailleurs que les plafonds ont été construits de manière compliquée et ingénieuse, et il conclut en mentionnant qu'ils forment un ensemble très stable.

" La partie centrale du plafond ne dépendait pas de la structure mais de poutres en porte-à-faux, agencées de façon complexe et ingénieuse. Des dalles de 80 cm de longueur en moyenne étaient placées sur les murs latéraux allant vers le centre d'environ le tiers de leur longueur. Étonnamment et apparemment pour plus de solidité, elles étaient habituellement sélectionnées de façon à diminuer d'épaisseur d'une extrémité à l'autre, les sections les plus épaisses se projetant vers le centre. ".

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.Extrait de : ÎLE DE PÂQUES - L'Empreinte des Incas, JHD, 2013, p. 172.

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Soulignons que les maisons et les structures fermées complètement réalisées en pierres, ainsi que l'utilisation de techniques d'encorbellement, ne sont absolument pas typique de la Polynésie, mais de tels monuments et de telles techniques étaient tout au contraire amplement utilisés sur le plateau andin.

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Les ressemblances étonnantes entre les techniques du travail de la pierre mises en oeuvre à l'Île de Pâques et celles utilisées au Pérou avait déjà été souligné par Alfred Métraux.

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Alfred Métraux, qui fut, à son époque, le plus fervent partisan d'une colonisation exclusivement polynésienne de l'Île, commente ainsi sa visite à l'ahu Vaimata lors de l'expédition Franco-Belge de 1934-35 :

" C'est à peine si, à quelques dizaines de mètres du mausolée, le voyageur pressé perçoit un renflement soigneusement pavé. Sous cette curieuse voûte qui dépasse à peine le niveau du sol se dissimule l'un des plus curieux édifices que j'ai examinés à l'île de Pâques. Un couloir, juste assez large pour permettre à une personne de s'y introduire, s'ouvre dans le sol. Les parois sont faites de dalles soigneusement polies et jointes comme les planches d'une caisse,. On se glisse ainsi sur plusieurs mètres pour tomber dans une salle souterraine de près de trois mètres de hauteur. Comment exprimer le sentiment bizarre que j'éprouvai quand je fis craquer la première allumette et que je vis d'un côté les arêtes d'une grotte et de l'autre des murs faits de blocs disposés avec cette science de l'assemblage que je ne connais qu'au Pérou et à l'île de Pâques ? ".

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Métraux a aussi mentionné des années bien avant Heyerdahl :

« Le chef-d’œuvre du travail de la pierre de Île de Pâques est l’ahu Vinapu : le mur faisant face à la mer est constitué de deux rangées de dalles merveilleusement lisses dont les bords se joignent avec une précision mathématique. Les dalles de coin ont été arrondies. Une cavité dans la façade a été comblée avec une pierre sculptée pour s’y insérer parfaitement. Une surface comme celle-là ressemble aux fameux murs des palais incas de Cuzco. ».

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..Extraits de : ÎLE DE PÂQUES - Le transport et l'édification des moai, JHD, 2013, pp. 58, 59.

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