L'influence de l'Île de Pâques sur les artistes occidentaux

 

Julien Viaud (Pierre loti)

 

Enveloppe premier jour accompagnant l'émission d'un timbre de 1995 par la Polynésie française. Le mariage de Loti est le titre d'un roman écrit par Pierre Loti.

 

Reflets sur la sombre route

1899

"Il est, au milieu du Grand Océan, dans une région où l'on ne passe jamais, une île mystérieuse et isolée; aucune autre terre ne gît en son voisinage et, à plus de huit cents lieues de toutes parts, des immensités vides et mouvantes l'environne. elle est plantée de hautes statues monstrueuses, oeuvres d'on ne sait quelle race aujourd'hui dégénérée ou disparue, et son passé demeure une énigme. J'y ai abordé jadis, dans ma prime jeunesse, sur une frégate à voiles, par des journées de grand vent et de nuages obscurs; il m'en est resté le souvenir d'un pays à moitié fantastique, d'une terre de rêve. ........"

 

Pierre loti, écrivain français (1850-1923).

Carte postale représentant un portrait de Pierre Loti de 1891, peint par Rousseau.

 

Pierre Loti, Julien Viaud de son vrai nom, fut officier de marine, grand voyageur et surtout romancier. Il naquit, le 14 janvier 1850, de Nadine Texier et Jean-Théodore Viaud, secrétaire de mairie.  Julien est le cadet de la famille. L'aîné, nommé Gustave, qui fait l'objet de l'admiration du jeune Julien, meurt en mer en 1865. L'année suivante, le père de Julien perd son travail. Dès l'âge de seize ans, le jeune Julien sait qu'il va devoir bientôt assurer le salut matériel de sa famille. Reçu à l'École navale à Paris, il prend la mer en 1870 comme aspirant de première classe, suivant ainsi les traces de son frère Gustave.

Dès lors Julien ne cessera plus de sillonner le monde en bateau. En 1872 il est à Tahiti où on lui a dit, à tort, que son frère aurait eu deux enfants d'une indigène. Lui-même tombe amoureux de quelques jolies Polynésiennes et reçoit de la reine Pomaré le surnom de Loti (nom d'une fleur tropicale). Il donnera ensuite ce surnom à l'un de ses personnages avant d'en faire son propre pseudonyme d'écrivain, l'officier Julien Viaud étant, de par sa fonction, tenu à une certaine réserve peu compatible avec son tempérament d'artiste exalté.

Par la suite devenu romancier, il produira une œuvre, souvent autobiographique, qui nous conduit en Turquie (Aziyadé), au Sénégal (Le roman d'un spahi) ou au Japon. Ce dernier fut un succès complet et inspira à Puccini l'opéra de Madame Butterfly. Julien Viaud a aussi voyagé en Égypte, à Tahiti et en Inde. Le cadre de ses romans n'a pas toujours été aussi exotique, en effet, avec Pêcheurs d'Islande il décrit la vie des pêcheurs bretons et avec Ramuntcho, l'action se situe au Pays Basque où il termine d'ailleurs sa vie. Julien Viaud devient riche et célèbre, et, à 42 ans, il est élu à l'Académie française en compétition contre Émile Zola. Il meurt à Hendaye en 1923 et à droit à des funérailles nationales.

 

Visite à l'Île de Pâques en 1872

Le 15 mars 1871, Julien Viaud, en tant que jeune aspirant officier, embarque à Lorient (Bretagne) sur le Vaudreuil pour un long voyage dans les mers du sud. C’est sa première campagne. Il arrive le 11 octobre à Valparaiso (Chili) qu’il quitte par la suite le 19 décembre sur la frégate à voiles La Flore. Il fait escale à l’Île de Pâques le 3 janvier 1972 durant quatre jours. C’est à partir de ce moment riche en émotions que Julien Viaud prend goût à la littérature, écrivant Le Journal d’un aspirant de La Flore qu'il accompagne de superbes dessins croqués sur le vif.

 

 

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Les dessins de Julien Viaud à l'Île de Pâques