Ó Jean Hervé Daude

Questions et réponses d'intérêt général

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Questions d'intérêt général et réponses personnalisées de l'auteur. 

L'auteur répond aux questions en fonction de ses propres études sur l'Île de Pâques, ses réponses peuvent donc, dans certains cas, grandement différer de l'opinion généralement véhiculée sur d'autres sites.

 

Les grands palmiers disparus

Q. Est-ce que l'Île de Pâques a vraiment été recouverte d’une forêt de palmiers dans le passé?

R. Effectivement l’Île de Pâques a été recouverte de palmiers à une époque ancienne. Des analyses de pollen provenant d’échantillons pris à différentes profondeurs dans le sol, ainsi que la découverte de quelques noix de palmiers, ont permis d’établir l’existence de ces palmiers dans les temps anciens. Ces arbres auraient été semblables au grand palmier du Chili, le Jubaea chilensis,. celui-ci pouvant atteindre des dimensions impressionnantes, soit un mètre de diamètre et jusqu'à 20 mètres de hauteur.

Nous croyons aussi qu’un Méga El Nino serait la cause de la déforestation de cette abondante forêt. Voir à ce sujet : Méga El Nino et déforestation de l'Île de Pâques - L'effet combiné d'un dérèglement climatique et de l'action de l'homme. Republié par la suite sous le titre : Île de Pâques - La forêt disparue.

 

Des Sud-Américains ont-ils pu aller jusqu'à l'Île de Pâques

Q. Est-il possible comme voulait le démontrer Thor Heyerdahl que des Sud-Américains aient pu atteindre l'île de Pâques en radeau ?

R. Heyerdahl avec son expédition en radeau appelée Kon-Tiki n'est jamais allé jusqu'à l'Île de Pâques, ce ne fut pas sa destination. D'autres part si le Kon-Tiki a pu se rendre loin en Océanie en partant du Pérou, il n'aurait cependant pas pu y revenir, limitant d'autant les relations possibles entre ces deux endroits. En effet, ce radeau se laissait  tout simplement dériver en direction de l'ouest, poussée par le vent et suivant le courant de Humbolt, et n'aurait pu, en temps normal, rebrousser chemin.

Or, ce radeau utilisé pour l'expédition du Kon Tiki avait une faille. Heyerdahl et son équipe ne connaissaient pas l'utilisation des dérives amovibles telles que conçues par les anciens navigateurs sud-américains. C'est seulement bien des années plus tard, lors d'une expédition de fouilles aux îles  Galapagos, que Heyerdahl fit l'essai de ces dérives et qu'il pu constater leur grande manœuvrabilité.

Cependant des témoignages des premiers conquistadors espagnols sont à l'effet que les radeaux utilisés par les sud-Américains étaient très manœuvrables et que ces derniers les utilisaient pour du commerce et des expéditions guerrières sur de longues distances le long des côtes. Les Sud-Américains auraient donc pu, techniquement, effectuer ce genre d'expédition. Notre étude Île de Pâques - L'empreinte des Incas décrit d'ailleurs la grande influence d'une très probable implantation des Incas sur l'Île de Pâques.

 

Analyses d'ADN

Q. Des analyses d'ADN ont-elles étaient faites sur des Pascuans afin de déterminer leur origine ?

R. En 1994, Erika Hagelberg découvrit un gêne Polynésien mtDNA dans les os d’anciens Polynésiens. Elle utilisa par la suite ce gêne comme "marqueur", celui-ci étant répandu dans l'ensemble du vaste bassin polynésien.

 

Pour tester l’origine polynésienne des anciens habitants de l’Île de Pâques, Erika Hagelberg analysa des squelettes de 12 ancêtres provenant de deux sites archéologiques sur l’Île.

 

Dans tous les échantillons prélevés sur ces squelettes, elle détecta ce marqueur  polynésien spécifique, confirmant du même coup que ces squelettes de Pascuans avaient un gêne polynésien bien répandu. Pour la première fois il était possible de faire un lien entre l’ADN des Pascuans et celui des Polynésiens.

 

Erika Hagelberg conclu son étude en spécifiant :

 

« Nos résultats indiquent que les habitants préhistoriques relativement récents de l'Île de Pâques ont été sans aucun doute des Polynésiens. Cependant en l'absence de squelettes bien identifiés provenant de sites archéologiques du tout début de l’implantation de l’homme sur l’Île nous ne pouvons pas réfuter l'idée d’Heyerdahl d'une colonisation initiale par des non Polynésiens. »

 

Et cette chercheuse de rajouter :

 

« L'absence de preuve plausible pour concevoir l'hypothèse de migrations multiples sur l’Île suggère que les premiers habitants de l’Île de Pâques sont originaires de la Polynésie. »

 

Donc si nous reprenons les grandes lignes de cette étude :

 

1.         Les douze squelettes étudiés d’anciens habitants de l’Île de Pâques présentaient tous le marqueur polynésien. Donc ces douze anciens habitants avaient des gênes Polynésiens.

 

2.         À défaut d’avoir des squelettes bien identifiés des tout premiers arrivant sur l’Île, cette étude ne permet pas de réfuter la thèse selon laquelle il y aurait eu une colonisation non-polynésienne sur l’Île de Pâques.

 

3.          Cependant l’auteur de cette étude considère qu’en l’absence de preuves plausibles qui laisseraient envisager plus d’une colonisation sur l’Île, les premiers habitants de l’Île de Pâques seraient exclusivement des Polynésiens.

 

Il est évident que le point no. 3 est un critère très subjectif. En effet, là où un chercheur verra un indice plausible d'une deuxième colonisation, un autre pourra y voir le contraire. À moins d'avoir des preuves hors de tout doute, il n'est pas possible d'établir une conclusion crédible sur un tel argument aussi subjectif. L'étude de L'empreinte des Incas démontre d'ailleurs clairement la très forte probabilité d'une implantation sud-américaine sur l'Île de Pâques.

 

Notre étude en cours porte sur cet aspect de l'identification génétique des anciens Pascuans. Nous verrons à ce niveau que le fameux "marqueur polynésien" était transmissible uniquement par la lignée maternelle ... Les résultats de cette étude sont très surprenants et seront publiés sous peu sous le titre de : Île de Pâques - L'empreinte génétique .

 

 

................. À suivre